02.10.2008
de l'autre côté du miroir
Au début de l'été Alice Sidoli est partie en voyage. Un beau voyage à travers le grand sud. Une virée dans les librairies jeunesse du côté de Toulouse, Montauban, Marseille, Miramas et jusqu'à Avignon. Terminus L'eau vive. Alice a passé une journée à la librairie. Elle a réussi à se faire oublier des enfants pour saisir des images jamais posées, des instants de ce qu'on vit chaque jour et qui nourrit l'enthousiasme - la passion.
Ces photos-là - et beaucoup d'autres qu'Alice prendra aux quatre coins de la France dans les mille cavernes d'ali baba qui ressemblent j'en suis sûre à l'Eau Vive - sommeilleront quelque part avant d'être imprimées. Ce jour-là, il y a des chances pour qu'on soit vraiment très très heureux.






et pour voir le travail d'alice, c'est là.
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14.05.2008
Semaine des librairies sorcières

Grand Loup et Petit Loup
La petite feuille qui ne tombait pas
Nadine Brun-Cosme, Olivier Tallec
Les albums du Père Castor, Flammarion
Il y a peut-être des livres universels. Et peut-être même que les libraires sont libraires juste pour ces livres-là : ceux qui plaisent à tous, à tous les âges, partout, et… pour longtemps. La rencontre de Grand Loup et Petit Loup, c’est la naissance, l’amitié, l’amour : c’est un peu tout ça en même temps et Nadine Brun-Cosme le dit très bien. Et Olivier Tallec l’illustre très bien.
Jusqu’au jour où Petit Loup veut la petite feuille tout en haut de l’arbre. Grand Loup lui dit « Attends, elle finira bien par tomber. » Mais les saisons passent, le printemps, l’été, l’automne et bientôt l’hiver est là et la petite feuille s’obstine à ne pas tomber. Qu’importe : Grand Loup ira la chercher. « Comme ça. Sans raison. Juste pour voir les yeux de Petit Loup briller ». Dites, c’est pas universel, ça ?
Grand Loup et Petit Loup à Avignon
Une luge au début de l’été, une raquette de tennis au milieu des fleurs, un filet à papillons dissimulé derrière les chapeaux ?
Des drôles de sorcières se sont amusées à cacher dans les vitrines des commerces de la ville des objets piochés dans l’histoire de Grand Loup et Petit Loup. Petit jeu de piste où, d’indices en indices, une phrase reste à trouver…
A partir du 20 mai, les enfants sont invités à retirer à la librairie L’Eau Vive les feuilles de route qui les guideront dans la ville à la recherche de Grand Loup et Petit Loup.
Le livre de Grand Loup et Petit Loup est le choix de la librairie L'Eau Vive dans le cadre de la première Semaine des libraires sorcières.
En France, nous disposons d’un réseau de librairies spécialisées jeunesse indépendantes qui s’investissent quotidiennement dans la défense et la mise en valeur de la création. Nous sommes aujourd’hui quarante quatre à faire partie de l’Association des Librairies Spécialisées Jeunesse (A.L.S.J.), reconnues pour notre volonté de proposer des sélections de livres pertinentes et qualitatives, dans le respect et la connaissance de l’enfant.
En France, nous disposons aussi de créateurs de talent dans l’univers du livre jeunesse.
Ces artistes travaillent en lien étroit avec des éditeurs reconnus, comme eux, sur notre territoire et à l’international.
Pour découvrir ou redécouvrir tous ces créateurs, nous vous proposons de nous rejoindre dans nos librairies du 19 au 24 mai 2008.
Durant cette semaine, chacune de nos librairies propose de partager son coup de cœur pour un livre, son auteur, son éditeur. A côté de nos choix personnels, nous présenterons aussi les ouvrages sélectionnés par les autres Librairies Sorcières. Ce sera un moment fort pour souligner notre engagement à défendre la création, à faire vivre le fonds comme à lancer des nouveautés.
Vous pouvez consulter ici la liste des 44 albums sélectionnés par les libraires de l'A.L.S.J. Ces 44 albums sont présents dans la vitrine de L'Eau Vive.
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15.03.2008
Ecrire et illustrer des contes
Suite des comptes-rendus des trente ans de la librairie...
Le mardi 9 octobre 2007, L'Eau Vive accueillait Kady Kaya, conteuse, et Dominique Rousseau, illustrateur. Denis Bruyant était là pour animer cette rencontre sur le thème de l'écriture et l'illustration des contes.

Denis : Kady Kaya, vous êtes originaire d’Afrique et plus particulièrement de deux pays : le Burkina Faso et le Congo. Vous avez voyagé entre Afrique et France et baigné dans différentes cultures. Vous avez commencé des études de médecine, puis après quatre ans, vous avez décidé de tout remettre en question. Après plein de petits boulots en France et trois filles, vous voici officiellement bavardeuse et raconteuse, même si comme je le crois, on ne devient pas, on l’est, vous l’êtes probablement depuis toujours. Vous avez aussi commis un ouvrage chez l’Harmattan Les Jumeaux de la case carré.
Dominique Rousseau, vous avez fait des études de cinéma, vous avez été animateur-éducateur, animateur d’un atelier théâtre, d’un ciné-club, comédien, musicien de jazz, on vous dit aujourd’hui scénariste, dessinateur, coloriste. Vous arrivez en Avignon en 1993 (par le théâtre, vous nous en parlerez tout à l’heure). Vous animez aujourd’hui des ateliers, stages, vous intervenez en milieu scolaire, êtes formateur à La Passerelle sur l’île de la Barthelasse, le tout pour faire découvrir les coulisses du livre illustré et de la B.D. Vous avez commis de nombreux ouvrages, et collaboré à des séries : Condor, Chintu la petite danseuse, Le secrets des incas…..
Denis : Kady a probablement une signification dans votre langue d’origine ?
Kady : Kady veut dire qui me plaît, qui est douce.
Denis : Qu’est-ce qui fait que l’on devient conteuse ?
Kady : Pour moi, le plaisir d’être commère, un peu étrangère chez les uns et les autres, donc parler des uns aux autres.
Denis : Votre coloration dans vos contes ?
Kady : Oui, mais sans faire exprès, ça me vient naturellement.
Denis : L’Origine du conte ?
Kady : Le conte a plusieurs rôles : pour régler les problèmes, pour l’imaginaire. Je peux partir de quelque chose qui existe et que je transforme pour pouvoir raconter. Il y a le besoin d’écrire avant de conter. Les contes écrits sur le papier, je ne peux plus les raconter, ils ont leur vie . Ecrire un conte c’est le faire mourir. Une fois écrit, pour moi c’est sacré. Le conte vit quand on le raconte, dans ma parole, dans mes gestes, dans l’écoute des gens.
C’est le paradoxe : le conte vit, et se modifie, alors qu’une fois sur le papier, c’est celui qui le lit qui l’enrichit, on est alors encore dans la tradition orale. Le même mot n’a pas la même signification selon les personnes. Le conteur est passeur de mots quand il parle et quand il écrit.
Denis : L’illustration est une seconde lecture du conte, quand on doit illustrer un conte, on s’appuie sur le texte et on colle aux mots ou non ?
Dominique : L’illustration accompagne le texte, mais son pouvoir évocateur très fort et différent selon les personnes. Dans Chintu, c’est une écriture au présent avec l’alternance d’illustrations et de textes.
Denis : Si on retire le texte, le lecteur va-t-il être capable de lire le conte, de le comprendre ?
Dominique : Pour Chintu, oui. Le dessin et la mise en scène permettent la compréhension du comportement. Les inséparables est un conte chinois illustré à la gouache : ici, j’ai mélangé les illustrations et la BD.

Denis : Quel est l’avis du conteur qui lit des contes illustrés ?
Kady : C’est le mélange des deux qui est intéressant. Pour illustrer ce conte chinois, est-ce que tu t’es documenté sur le pays, les mœurs ?
Dominique : Je travaille sur la Chine ancienne depuis très longtemps (Juge Ti). J’ai utilisé ma documentation, mais je pars toujours de ce que je ressens. C’est un travail presque théâtral au départ, on dessine les personnages de l’intérieur (ce que ressent le personnage).
Denis : Pour « Au pays des rochers qui parlent », quels sont les éléments sur lesquels on s’appuie ?
Dominique : Entre Sisteron et le lac de Serre Ponçon, les gens se promènent et en approchant de rochers ou d’arbres, il y a des paroles. On doit chercher où se trouve le rocher suivant et on suit le même chemin que les personnages.
Il faut d’abord reconnaître les lieux, les contes sont écrits à partir de documents historiques. La contrainte est de passer d’un village à l’autre sans que cela soit dit par le comédien (ne pas citer le village suivant).
Denis : Les jumeaux de la case carré, c’est un conte ou roman ?
Kady : C’est une histoire. Je ne sais pas dans quoi l’enfermer. C’est une histoire, libre.
Denis : Qui est quand même liée à vos racines ?
Kady : C’est mon vécu et celui de ceux qui ont grandi en Afrique. Moi, j’ai grandi en Côte d’Ivoire dans cette culture qui a presque effacé les couleurs (asiatiques, européens…). C’est de ça que j’essayais de parler.
Denis : C’est difficile, quand on est conteuse, de devenir écrivain ?
Kady : On reste diseur, raconteur. Quand on raconte, on est avec ses personnages, quand on écrit aussi.

Public : Et la différence entre le conte et le roman ?
Kady : Dans le conte, il y a une espèce de musique d’enfance, il vous en reste un enrichissement.
Dominique : Le conte est lié à sa tradition orale.
Denis : Le conte écrit est laissé à d’autres : c’est le conte contemporain ?
Kady : Le conte est profondément humain, donc il évolue vers les problèmes des hommes. Le conte est porteur de sens, d’une sagesse, d’une problématique humaine, il ne vieillit pas et en même temps, il est porteur d’une culture et il est intemporel. L’illustration permet un autre regard sur le conte, elle permet de prendre du recul. Le rôle de l’éditeur est de dire : ce conte là, à qui je le propose ? Il doit bien connaître ses illustrateurs pour savoir à qui correspond quoi.
Pour L’ours qui lit, publié chez Didier jeunesse, Eric Pintus et Martine Bourre ne s’étaient jamais rencontrés. Martine Bourre, dans ses illustrations, a vu des choses que l’auteur avait à peine dites, ou suggérées. Ils se sont rencontrés après le livre, et c’était une belle rencontre.
Denis : Pourquoi la France, et Avignon ?
Kady : La seule langue et la seule culture commune entre mes deux parents c’était le français.
Dominique : Ma belle mère vivait seule dans le Luberon. J’en avais marre de Paris, c’est un choix pesé, la tête dans le sud.
Public : Vous êtes autodidacte en dessin ?
Dominique : Oui, mon père dessine. Le secret du dessin, la prise en compte du volume me sont venus plus tard. Le secret de la couleur c’est le noir et blanc.

Denis : Le secret du conte ?
Kady : Aimer ce que l’on raconte.
11:35 Publié dans 30 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kady kaya, dominique rousseau, l'eau vive, le conte
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