20/11/2012

Nouveautés et (auto)promo

Ce matin, j'ai reçu un mail extra de Fabrice Vigne, et je pensais qu'on pourrait le trouver sur son blog, mais non, alors vous n'avez plus qu'à vous inscrire à sa newsletter, et commander son dernier livre, ici.

 

julie capableVers midi, j'ai reçu un autre mail, de Thierry Lenain, et pour commander Julie Capable, c'est ici.

 

nuit d'hiverPour consulter le carnet de note d'Anne Cortey et Anaïs Massini sur leur deuxième très bel album en commun, Nuit d'hiver, c'est là.

 



Avent Fin 1.jpgLà, il y a cinq minutes à peine, Agathe m'a envoyé un message pour Le calendrier de l'avent de la fin, et pour le voir et l'acheter, c'est là.

 



racaille mon frèreEt Micheline vient juste juste (y a des jours comme ça... !) de nous déposer son roman, là, juste maintenant ! Il s'appelle Racaille, mon frère, et est publié aux éditions Noir au blanc.

 

 

 

 




Sinon, à la librairie, nous aussi on a reçu plein de livres, que vous pouvez touchez, sentir, dont vous pouvez tourner les pages, même vous asseoir dans un fauteuil pour les commencer, et dont on peut vous dire tout le bien qu'on en pense, vu qu'on a passé le dimanche à les lire.



Comme, par exemple,

noé nectarNoé nectar et son voyage étrange


(et si je n'avais pas aimé du tout Le garçon au pyjama rayé, à l'inverse des cinq millions de personnes dans le monde, celui-ci, du même auteur, je l'ai vraiment aimé)




victoria rêveVictoria rêve,






lunerrLunerr,

l'étranger mystérieux




L'étranger mystérieux,
(incroyable, vraiment, m'a tenue éveillée... très tard)




la petite marchande de rêvesLa petite marchande de rêves,


(très beau...)


Olivia reine des princesses,

La chose perdue,


féroceFéroce, ....

 

 

 

 

 

 

roussillon salon du livre Ce week-end aura lieu le Salon du livre et de l'illustration jeunesse, à Roussillon, et samedi 24, à 15h, Peter Pan à la médiathèque Ceccano.

 



les dix droits du lecteur(et décidément, c'est une belle journée, c'est noêl avant l'heure, je viens juste de sortir des cartons Les dix droits du lecteur, de Daniel Pennac et Gérard Lo Monaco, et il est superbe.)

09/10/2012

Antoine et Mary-Lou

les trois vies d'antoine anacharsisYoupi, c'est octobre, on est toujours en tee-shirt, et les cartons commencent à être... nombreux. Parmi eux, deux très beaux romans pour ados, Les trois vies d'Antoine Anacharsis, d'Alex Cousseau (au Rouergue) et Mary-Lou, de Stefan Casta (chez Thierry Magnier).


Les trois vies, Jean en a parlé .




mary-louMary-Lou ressemble à La vie commence, du même auteur, que j'avais déjà énormément aimé. C'est l'histoire d'une amitié, d'un premier amour, sur une île hors des gens, le temps d'un été.


04/09/2012

C'est la rentrée !!

Voilà, ça y est, l'école a repris ce matin, et les nouveautés arrivent !

Et à partir de demain matin, mercredi 5 septembre, les lectures aux p'tits loups reprennent aussi.


l'eau viveChaque mercredi, à 10h30

et chaque samedi, à 11h,

petits et grands sont invités à la librairie pour écouter des histoires (c'est gratuit, et sans inscription).

 

 

 

 


Côté nouveautés... ça va déjà presque trop vite !!

 



petite main petit pouceUn joli coup de coeur en tout-petits, le dernier livre de Martine Perrin, Petite main petit pouce, au Seuil, et un nouveau personnage chez Albin Michel, Poussin.

 

 

 

 

 

au lit poussinAu lit, poussin !

 

 

  • Anne Terral
  • Illustrations Bruno Gibert
  • Albin Michel jeunesse - 9,90 €

 

 

Youpi. Un nouveau petit diablotin, inventé par Anne Terral et illustré par Bruno Gibert, est né. Poussin. Et ce soir, Poussin n’a pas envie d’aller au lit. Classique. Pendant que Maman Poussin cherche le pyjama, que Papa Poussin demande si le gant de toilette s’est envolé, au galop ! Poussin le cow-boy part à la poursuite du pyjama disparu et Super Poussin file à la recherche du gant invisible. Des couleurs très vives (des poussins jaunes, bleus et verts), et une histoire qui donne le sourire.

 

 

 

Cet été, on a beaucoup aimé ce roman pour ados :


la vie de lilyLa vie de Lily

 

 

  • Véronique M. Le Normand
  • Les intégrales, Thierry Magnier - 14,50 €

 

 

Sur le bandeau rouge, il est écrit « Qui suis-je ? Qui j’aime ? D’où viens-je ? », les questions classiques de tout(e) adolescent(e) qui se respecte, sauf que la bonne idée, c’est d’avoir regroupé dans un seul volume les quatre romans parus précédemment, Les carnets de Liliy B. , La saison des chamailles, Le Roman de Noémie et Les égarements de Lily. L’occasion de suivre Lily de ses quatorze à ses vingt-quatre ans, du lycée au premier boulot, du premier amour au… premier amour qui s’obstine un peu, les amis, la famille, les rêves, les déconvenues. Véronique M. Le Normand écrit très bien, on s’attache à Lily tout de suite, c’est à la fois tendre, drôle et c’est surtout juste, sans fausses notes. Un très beau texte.



l'heure de la vengeanceet ce midi, j'ai commencé ce livre étrange,

L'heure de la vengeance
.


 

 

 

 

une princesse au palaisVient d'arriver aussi un album vraiment attendu...

 



Une princesse au Palais, de Cécile Roumiguière et Carole Chaix, chez Magnier toujours.


"Tous les mercredis, elle attend sa grand-mère au Café du Palais. Elle n’est
plus vraiment une enfant, pas encore une adulte. Au milieu de l’agitation ambiante, elle dessine, observe, invente, s’ennuie parfois, et grandit... Un texte tendre et poétique sur le passage de l’enfance à l’adolescence, entre rêve et réalité, magnifiquement illustré par des images grand format fourmillant de détails et de clins d’oeil."

 



en silenceEt puis côté bd adulte, En silence, d'Audrey Spiry, chez Kster, dont Simon a parlé ici,



la vie sublimeet La vie Sublime, de Maximilien Le Roy et A. Dan (dans la collection Contre/champ où était paru précédemment le très beau Nietzsche, d'Onfray et du même Le Roy) sur la vie de Thoreau.



(Quant aux romans adulte, Les lisières, d'Olivier Adam, Oh..., de Philippe Djian, Rue des Voleurs, De Mathias Enard, Le sermon sur la chute de Rome, de Jerôme Ferrari, Pour seul Cortège, de Laurent Gaudé.... Plein plein !)

08/06/2012

Lectures en maillot de bain

lecture-plage.jpgJeudi 14 juin à 18h, dans la cour de la médiathèque Ceccano, aura lieu la présentation des Lectures en maillot de bain. Pour la deuxième année, des collégiens du Vaucluse ont choisi et chroniqué des livres à lire cet été.


Cette sélection de livres est proposée par les élèves des collèges Jean Garcin à L'Isle sur la Sorgue, Jean Brunet, Gérard Philipe, Roumanille et Joseph Viala  à Avignon ; par les professeurs documentalistes de ces collèges et par les bibliothécaires des bibliothèques Ceccano, Champfleury et Pierre Boulle, d'Avignon (avec la participation de Grains de Lire).

05/06/2012

Nos (pas dernières mais presque) lectures

je m'appelle MinaJe m'appelle Mina

David Almond, trad. Diane Ménard
Gallimard jeunesse - 14,50 €

 

 

Skellig était le premier roman que publiait David Almond. Paru chez Flammarion en 2000, c’était un court roman, intriguant, effrayant, formidable. Au cœur de textes souvent sombres en apparence (Glaise, Le jeu de la mort, Le cracheur de feu), il me semble aujourd’hui que c’est peut-être, justement, de lumière dont il a souvent été question par la suite. Par le biais de personnages souvent complexes, et parfois comme en-dehors du monde (à l’image du héros de Sauvage, le roman illustré par Dave McKean et primé par les Sorcières en 2011), David Almond approche, avec une force et une poésie rares, la question de l’imagination. La puissance que ça peut avoir, dans une vie, l’imagination.



Je m’appelle Mina fait écho à Skellig. Il le précède (mais nul besoin en revanche d’avoir lu Skellig pour lire Mina – si ce n’est que Skellig est l’un des meilleurs livres jeunesse que je connaisse). C’est le journal intime de Mina, et c’est aussi un objet, étrange au premier abord, déroutant sans aucun doute, qui joue sur les typographies, la mise en pages, comme Mina joue avec les mots. Difficile d’en dire plus, pour moi c’est un petit chef-d’œuvre, et depuis peu j’ai la définition du chef-d’œuvre : il y a tout, dedans. Quelqu’un que l’on ne connaît pas, qui habite un ailleurs où l’on n’a jamais été, qui vit des choses que l’on n’a jamais vécues, et pourtant.

 

 

 

joe millionnaireJoe Millionnaire
David Walliams, Tony Ross, trad. Valérie Le Plouhinec
Witty, Albin Michel jeunesse - 12,50 €


D’après The Times, David Walliams est « le nouveau Roald Dahl. » Et on serait plutôt d’accord (on attend quand même les suivants). Joe Millionnaire est le roman drôle (très drôle), original, sensible, intelligent, attachant… qu’on attendait pour les jeunes lecteurs.

Joe Patate est le garçon de douze ans le plus riche du pays, grâce à la fabuleuse invention de son père, le papier toilette « Fess O’Frais ». Tout ce qu’il pouvait souhaiter, Joe l’avait. 500 paires de Nike, un bowling dix pistes, un vrai requin en aquarium, tout. Mais il paraît que, dans la vie, quand on a tout, forcément, il manque quand même quelque chose. Un ami, par exemple (et un vrai).


Joe Millionnaire est croqué par Tony Ross et édité dans une nouvelle collection, Witty, qui accueille également un autre titre très réussi, Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices. Quelques illustrations intérieures en noir et blanc, une mise en page aérée et tout le talent de l’auteur pour intégrer au roman toutes sortes d’onomatopées et de listes délirantes, du genre « Si votre nom figure ou pourrait figurer dans la liste ci-dessous, il est très important que vous ne vous lanciez jamais, jamais, dans une carrière d’enseignant : Jean Bonneau, Ray Aumilieu, Kelly Diott… ».

 

 

grodoudou et moi

 

Grodoudou et moi
Didier Lévy, Selma Mandine
Mes premiers albums, Gautier-Langereau, 6,99 €



Grodoudou et moi était paru à l’automne 2011 dans un très grand format cartonné. Puis on l’a vu arriver en plus petit. Grodoudou, c’est le plus grand et le plus gros doudou du monde. C’est un texte génial à lire aux tout-petits, avec juste ce qu’il faut d’humour, de malice et de tendresse.

 

 

 

 

 

traverser la nuit

Traverser la nuit
Martine Pouchain
Expri'm, Sarbacane - 15,50 €


Traverser la nuit s’ouvre sur une citation de Steinbeck. Et ce n’est pas étonnant. On trouvait déjà, dans le précédent roman de Martine Pouchain (La Ballade de Sean Hopper), ce climat si particulier propre aux textes de Steinbeck ou Faulkner, ce truc très sombre qui collait au lecteur et ne le lâchait pas, jusqu’à la fin. Sauf qu’ici, c’est pire. Ça commence mal (Jacques Jaron est retrouvé assassiné dans le petit village picard d’Etrenjoie) et ça termine mal. Et la fin, on ne s’y attendait pas du tout. On n’en revient pas.



Le talent de Martine Pouchain, ce serait presque de faire oublier le crime. Dans ce petit village, elle met en place une foule de personnages (le jeune flic, la fille de l’assassiné, le maire, l’idiot, la tenancière du café…) et s’applique à les observer, puis les creuser. Et comme c’est une écriture très cinématographique, on dirait presque un film, entre Chabrol et Eastwood. Un très bon film.

 

 

 

 

 

 

 

emile est invisible

Emile est invisible
Vincent Cuvellier, Ronan Badel
Giboulées, Gallimard jeunesse - 6 €

 

Des éclats de rire immenses qui résonnent dans la librairie ? c’est Émile, c’est certain. Le nouveau petit personnage, imaginé par Vincent Cuvellier et croqué avec talent par Ronan Badel, c’est du pur concentré de fou rire, garanti. Deux aventures pour le moment (la première ayant pour titre Émile veut une chauve-souris), dont l’une un peu plus désopilante que l’autre, nudité oblige.

Car aujourd’hui, Émile est invisible. C’est décidé. « À midi, plus personne ne pourra le voir ». Parce qu’à midi, maman fait des endives.


Et décidément, plus on relit Émile, plus on le trouve parfait. Le bon ton, le bon format, le bon dessin… Tout est là. Vive Émile.

emile est invisible

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

je m'appelle Mina, Joe Millionnaire, Emile est invisible, Traverser la nuit, Grodoudou et moi, Pourquoi être heureux quand on peut être normal

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?
Jeanette Winterson
L'olivier - 21 €

 

 

Et puis (mais pas du tout en littérature jeunesse, entendons-nous bien), il y a ce livre magnifique, bouleversant (et je voudrais même - oui oui - n'avoir jamais écrit ces deux adjectifs pour d'autres livres, ou plutôt, sans doute, en trouver sur le champ deux autres jamais utilisés avant), qui m'a tenue éveillée presque toute une nuit.



(l'article de Nathalie Crom ici)

 

 

 "je crois à la fiction et au pouvoir des histoires parce qu'ils nous donnent la possibilité de parler de nouvelles langues. De ne pas être réduits au silence."

 "raconter une histoire permet d'exercer un contrôle tout en laissant de l'espace, une ouverture. C'est une version, mais qui n'est jamais définitive. On se prend à espérer que les silences seront entendus par quelqu'un d'autre, pour que l'histoire perdure, soit de nouveau racontée.


En écrivant, on offre le silence autant que l'histoire. Les mots sont la part du silence qui peut être exprimée".

(Jeanette Winterson)

13/03/2012

C'est le printemps ! (non ?)

Alors, dans le désordre :

Les gens se baladent en tee-shirts, Anne est passée nous voir (et c'était du soleil - encore plus !!), Yvette a fait une vitrine toute verte absolument magnifique, Catharina Valckx a eu la très bonne idée d'écrire et d'illustrer ça,

carlo



joe millionnaire  madame pamplemousse

ce week-end j'ai lu ces deux petits romans vraiment drôles, Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices, et Joe Millionnaire, dont Gaëlle avait parlé ici et ici

(et si n'êtes pas très doués en orthographe, comme moi, vous pouvez tomber sur des photos rigolotes juste parce que vous cherchez une couverture de livre - mais vous croyez qu'ils le savent, chez Albin Michel, qu'il y en a plusieurs, des Joe Millionnaires ?)




jolenece midi j'ai commencé le dernier roman de Shaïne Cassim, Jolene (après Je ne suis pas Eugènie Grandet), et j'adore,

 

 

 



lignes noires, ellory




il se passe plein de choses ailleurs, comme une rencontre dédicace avec R.J. Ellory à la librairie Lignes Noires, à Avignon, le mardi 20 mars à partir de 18h

(le même R.J. Ellory sera à Paris le 22 mars et c'est Fabrice Colin qui "assure la médiation" et comme il dit, "venez quand même". En fait je dis ça surtout pour faire un lien sur son blog que j'aime beaucoup - et sur la note d'hier).


 

 

les séparées  la mer noire  viens
une autre rencontre avec quelqu'un dont on aime vraiment les livres, Kéthévane Davrichewy, à la librairie La mémoire du monde,
toujours à Avignon,
le jeudi 22 mars à 19h

(elle vient de publier Les séparées, un roman pour adultes, aux éditions Sabine Wespieser, et n'en déplaise à François Busnel, elle a écrit de très nombreux livres avant, pour les enfants et les ados, comme Viens, avec Christophe Honoré, ou La lucarne, ou plein d'autres)




jean vilarLaurence Abel  sera à Sète (mais non c'est pas loin) le vendredi 23 mars à 17h pour son livre sur Jean Vilar

 

 

 

 



et je viens d'apprendre un nouveau mot. Youpi. Un centon, vous savez ce que c'est ? La réponse est . Et c'est ça.

grains de lire




14/09/2011

Donner

appelle-moi charlieAppelle-moi Charlie

  • Marcus Malte
  • Mini-Romans, Sarbacane - 5 €

 

 

Alors. Soyons honnêtes. Il y a des livres comme des promesses. On les attend, puis lorsqu’on les reçoit, on les garde quelques jours encore avant de les ouvrir religieusement. Appelle-moi Charlie est de ceux-là. Pour plusieurs raisons pas franchement très objectives. On aime la collection (des textes courts pour ados), le format, les couvertures, et surtout on aime l’auteur. On n'a pas tout lu de lui, mais ce qu’on a lu, on a vraiment aimé.

 

 

Et voilà. Promesse tenue.

 

 

Parce que c’est très court, que ça commence très bien, que ça finit très très bien, et qu’au milieu, enfin pendant tout ce tout petit livre, on y croit. On marche.

 

 

L’histoire, c’est celle d’Elias, treize ans, qui rencontre… Charlie. Et Charlie lui dit des choses essentielles. Comme (je ne résiste pas) : « il faut donner, Elias ! C’est ça, l’essentiel. C’est ça, le secret. Il faut offrir. D’accord, ou pas d’accord ? »

 

 

06/09/2011

Le monde dans la main

le monde dans la mainDonc oui Hélène :-) comme beaucoup de libraires (La Soupe de l'Espace, notamment), j'ai lu Le monde dans la main, de Mikaël Ollivier, et j'ai beaucoup aimé. Alors pour être tout à fait franche, j'ai beaucoup aimé le début, un peu moins le milieu, et... et la fin me laisse un petit doute, quand même.

Ce qui est sûr, c'est que c'est un livre souvent très drôle, et souvent très émouvant aussi, très bien écrit, et que ces trois qualités là n'arrivent quand même pas très souvent.



Petit extrait que j'adore :

"- Tu ressens quoi ? m'a demandé ma soeur.
- c'est comme si le printemps était venu rien que pour moi.
- poète, en plus ?
- fais pas chier. Tu me demandes, je te réponds... C'est... J'ai la poitrine gonflée, je suis sans cesse au bord des larmes, mais de joie, de reconnaissance. j'ai l'impression de tout ressentir plus fort, de mieux entendre les sons, de mieux sentir les parfums. Mon coeur bat plus vite aussi. Dès le réveil. Je me réveille et il se met à cogner parce que je me souviens qu'elle est là, qu'elle existe. je trouve tout beau. je m'arrête dans la rue parce que j'entends un oiseau chanter et quand je le vois, je souris.
- Tu deviens débile, quoi !
- Non : heureux. "


mon lapinAh oui et autre petite citation que j'adore, dans Mon lapin, de Solotareff et Bravi :

"- en fait, mon nom, c'est Garance, mais j'aime bien changer les noms. Et toi, tu t'appelles comment ?
- Augustin, répondit le lapin.
- Bon, dit Garance. Je vais t'appeler Jean. "

11/08/2011

chef d'oeuvre

asterios polypL'autre soir, j'ai enfin lu Asterios Polyp, qui a reçu le prix spécial du jury au festival de bd d'Angoulême cette année. C'est un pavé, lourd, et dès les premières pages, on est absolument fascinés. Embarqués.


Asterios Polyp est un architecte et professeur. Après un incendie qui détruit son appartement, il quitte la ville et devient mécanicien automobile. L'histoire paraît banale, mais elle est jalonnée de flash-back sur sa vie, son enfance et son mariage chaotique. Ce roman graphique est surtout incroyablement construit, et chaque planche happe véritablement. Plein de gens (, , et notamment) pensent que c'est un chef d'oeuvre. Moi pareil.

asterios polyp

asterios polyp

asterios polyp

"on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie"

les insurrections singulières

" - et toi Marcel, le temps mort ?


- Oh là oui, je l'ai traversé. Et je le traverse de plus en plus souvent, Antoine. Presque tous les jours maintenant. Au début, quand j'étais jeune, je pensais qu'il y avait des causes. La mort de Lucile, bien sûr, et d'autres "bonnes raisons"... mais bientôt j'ai senti que ça venait en dehors de toute cause, ce temps vide, difficile à passer, un temps où le fait de vivre c'est pas évident, c'est pas donné, non. On sent que du temps passe, que de la vie passe, en nous, et c'est étrange d'en prendre conscience et de n'en rien faire. Rien. Juste "passer le temps" comme on dit... J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les vrais oisifs, ceux qui arrivent à ne rien faire sans se détruire... Tu vois, moi j'ai des passions, les livres, ça me sauve... je traverse mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... je les aime et je leur suis infiniment reconnaissant du temps passé devant leur table... ils m'aident à traverser. Et qu'eux soient morts ou vivants, ça n'a plus aucune importance. J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi. C'est pour ça que j'en fais le commerce, je ne connais pas de meilleur commerce."

 

 

 

"J'ai toujours aimé les fous, Antoine. Les décalés, c'est les seuls qui lui laissent la place, au désir. Dans le décalage, c'est là. Je me méfie des gens trop bien installés, riches ou pauvres, dans leur peau, garantie cent pour cent tranquilles. J'aime pas les cimetières ambulants. La moitié des gens sont déjà morts. Tu vois, au marché, j'ai appris plein de choses. Combien j'ai de clients, moi, sur tous ceux qui achètent au marché ? ... même pas dix pour cent ! Ceux-là, en plus des carottes et des pommes de terre, il leur faut une épice, le goût de quelque chose d'autre. Ils viennent le chercher dans les livres. Sinon ils savent bien que toutes les carottes du monde, même bio, et tous les steaks, ça ne servira pas à grand chose pour traverser les jours. Dans les livres, il y a le décalage. La place pour le désir."

 



Extraits de Les insurrections singulières, de Jeanne Benameur.
Jeanne Benameur était en avril dernier l'invitée de La grande librairie pour parler de ce livre.

 

06/08/2011

à paraître

L'été, c'est le temps des épreuves, des livres à paraître bientôt...

l'enfant du jeudiTerminé hier soir, L'enfant du jeudi, de Sonya Hartnett, l'auteure de L'enfant du fantôme, que j'avais tant aimé l'année dernière. L'histoire se passe en Australie, lors de la Grande dépression. C'est la petite Harper qui raconte. La naissance de Caffy et le moment où Tin, son petit frère, se met à creuser la terre sous la vieille maison.

Sonya Hartnett, lauréate notamment du prestigieux prix Astrid Lindgren, écrit décidément très bien. La couverture est sombre et le roman, au contraire de L'enfant du fantôme, n'est pas du tout baigné de lumière. C'est une famille pauvre, qui accumule les malheurs, et seule l'acharnement d'Harper - voir la mer, écrire des histoires, épouser Izzy - vient parfois éblouir le texte.


L'enfant du jeudi doit paraître le 18 août prochain aux éditions des Grandes Personnes.



k-cendresCommencé avant-hier, K-cendres, le prochain roman d'Antoine Dole, l'auteur de Je reviens de mourir et Laisse brûler, dans la collection Exprim' de Sarbacane.

Antoine Dole en parle ici et puis il y a cette très belle citation au début du livre :


Les contes ne révèlent pas aux enfants que les dragons existent, les enfants le savent déjà.
Les contes révèlent aux enfants qu'on peut tuer ces dragons.



(la phrase est de Gilbert Keith Chesterton, un écrivain anglais du XXe siècle que je ne connaissais pas du tout mais qui est apparemment très connu)



Je me souviens très bien du moment où j'ai lu Je reviens de mourir, lorsque la librairie fermait à l'heure du déjeuner, je l'avais lu assise sur les marches, avec une certaine peur, et une fascination. K-cendres me fait le même effet. J'avance doucement, je relis des phrases.

Échouer encore et réessayer, encore. Pour combien de
temps ? Tant qu’elle vivra. Elle sait cela. Parce qu’elle aussi,
ça la dépasse : cette vérité froide qui l’attire sur son fil, elle
pend au bout, bêtement. N’en maîtrise rien, grimpe dessus
comme elle peut, avec la peur toujours de se faire happer de
l’autre côté, quand ça se tend, d’un coup, sans prévenir, la
rattrape. Alors elle improvise.



K-cendres doit paraître le 9 septembre chez Sarbacane.




le monde dans la main

Il y a aussi les épreuves du prochain roman de Mikaël Ollivier, Le monde dans la main, qui paraîtra le 17 août aux éditions Thierry Magnier (et dont on parle ici).





du domaine des murmures

Et puis il y a enfin, dans ma voiture ce matin, les extraits lus de quelques romans adultes à paraître chez Gallimard à la rentrée. ça commence par Stéphane Audeguy, et puis après il y a, dans le désordre, Eric Fottorino (Le dos crawlé, sur l'été 76), Laurence Cossé (Les amandes amères), Colette Fellous, Boualem Sansal, et puis le prochain livre de Carole Martinez, Du domaine des murmures, dont Pierre Jourde parle .



Les désordres de la bibliothèque

Les désordres de la bibliothèque
Photomontages suivi de La bibliotheca obscura de W.H.F. Talbot
Muriel Pic, Christian Prigent
Filigranes éditions - 25 euros

les désordres de la bibliothèque

les désordres de la bibliothèque

Les désordres de la bibliothèque présente un ensemble de photomontages manuels de bibliothèques privées et publiques. Il est accompagné d’un préliminaire de Christian Prigent et d’un essai sur la première photographie publiée de bibliothèque réalisée par W.H.F. Talbot en 1844. Quel est le sens d’une image de bibliothèque sinon d’être le portrait intime d’un lecteur et la cartographie de ses divagations ? À l’ère du numérique et à l’encontre d’une vision académique de la lecture, l’ouvrage demande : qu’est-ce que lire aujourd’hui ?

les désordres de la bibliothèque

les désordres de la bibliothèque

21/07/2011

Alleluïa...

Quand on revient de vacances...
(et là j'ai une vieille chanson dans la tête, genre que je jouais à la flûte petite, d'où le titre de la note - et celui qui trouve la chanson a gagné),

il y a :


- le bonheur de refaire des tables, de bouger des piles, de chercher les nouveaux livres

- le bonheur de revoir des gens qu'on aime

- la surprise du festival d'Avignon, comme si chaque année on oubliait

-gaellecubes.jpg le bonheur de lire à nouveau des blogs fétiches, celui-cicelui-là et celui-ci aussi bien sûr évidemment

- le pincement au coeur de décrocher les originaux de Laurent Corvaisier

- une lentille égarée dans une boîte de petits pois le plaisir de découvrir le relookage plus que réussi d'une collection chez l'éditeur Oskar


les chaussures italiennes- celui - immense - de conseiller des enfants, des ados, des grands-mères, des mamans - et de conseiller le livre dont en ce moment on ralentit la lecture tellement on aime (Les chaussures italiennes, de Mankell)

et...
et plein encore.

30/06/2011

(et devant - et au-dessus des piles)


Dans Le Matricule des Anges de février 2009 (et repris dans un article tout récent de Pierre Murat, dans Télérama...), le romancier Pierre Senges avait répondu ainsi à la question "Quelle critique littéraire attendez-vous ?" :



"j'attends qu'elle trouve des remèdes à sa propre lassitude, ou les invente avec notre aide. J'attends qu'elle ne redoute pas comme la lèpre de passer à côté du génie inconnu. J'attends qu'elle se méfie avec malice de l'importance".

Alors.
Petite sélection muette (presque) :



des livres d'hier :

pareil qu'avant, thierry lenain

fais-moi un sourire

des livres tout neufs :

j'ai 17 pour toujourset même que celui-ci direct on a vu le titre on l'a embarqué, et qu'après, on a chanté une vieille chanson toute pourrite tant pis...

ferdinand et ses micro-pouvoirs

louise michelun livre qu'on n'avait pas vu passer et qui nous en rappelle un autre (ou l'inverse), 

 

 

 

 

 

 

 

jackun livre en cours. Qui nous en rappelle plein d'autres (ou au moins un, ou deux).

 

et un livre à venir. Bientôt. Youyouh.

ohhhh et même un lien. Yes.
Merci Batifolire, du coup :-)

30/04/2011

"Quand un apiculteur meurt, il faut le dire à ses abeilles"*


il faut le dire aux abeilles


Il faut le dire aux abeilles est le titre d'un très bel album qui vient d'arriver, écrit par Sylvie Neeman et illustré par les photographies de Nicolette Humbert (publié à La Joie de lire). Yulenka en parle ici.

 

 

"Quand un apiculteur meurt,
il faut aller le dire à ses abeilles,
elles ont le droit de le savoir.
Inutile de leur raconter
qu'il est parti pour un long voyage ;
inutile de faire semblant
que c'est une bonne nouvelle ;
inutile de prétendre qu'il est au ciel
et s'amuse avec les anges.
On ne sait pas.
ça, on peut le dire.
on peut dire aux abeilles qu'on ne sait pas"

 

(Sylvie Neeman avait déjà publié Mercredi à la librairie, dont Alice Liénard parle ici).

 

 

 

la fourmilièrePour les ados, il y a ce roman magnifique qui vient de sortir également, La fourmilière, de Jenny Valentine - la même que Ma rencontre avec Violet Park. Et Marie en parle ici.

 

En bd, il y a le tome 2 de Blast, dont Jean parle .

 

(au ciné, il y a Tomboy, de Céline Sciamma, ici)

 

Il y a une lettre rigolote de Guillaume Guéraud ici

 

et quoi encore ?

 

 

je te nous aime, albane gelléCes quelques mots d'Albane Gellé dans Je te nous aime (chez Cheyne éditeur, )

 

 

"elle
son drame c'est de ne pas être
intelligible quand elle se met à
parler de trop ce qu'elle comprend"




 

 

et puis surtout, vendredi 6 mai, à partir de 18h30, à la librairie, il y aura Thomas Scotto et Arno. Et des surprises.

 


(et Monique d'ajouter : "et quand les abeilles meurent, il faut le dire à qui ? Monsanto ?)

 


25/03/2011

les monstres (et moi)

et ça, ça, c'est pas complètement fabuleux de recevoir ce livre-là ?

mon monstre et moi

(ça, c'est pour qui ceux qui ont suivi les notes d'avant, et même, encore pire, qui connaissent les livres - et sinon, c'est juste encore un super livre sur les amis imaginaires et le temps qui fait des boucles).

11/03/2011

Les deux bonheurs d'hier

ultravioletNancy Huston vient de publier un très court texte, Ultraviolet, aux éditions Thierry Magnier. Le journal intime d'une jeune fille de treize ans, au moment de la Dépression, au Canada. Une jeune fille qui découvre l'amour sous les traits d'un médecin plus âgé qu'elle, que la famille a recueilli. Le Chat pitre en parle ici.


polinaEt puis l'autre bonheur, c'est Polina, la dernière bd de Bastien Vivès, celui du Goût du Chlore, d'Amitié étroite... et dont on peut lire sur le blog, ici, des strips absolument... "efficaces". (j'aime particulièrement celui-ci).

 (*et pour les inadaptés dans mon genre, vous cliquez deux fois sur la drôle de bande noire et blanche - rigolez pas).

 


Polina raconte l'apprentissage de la danse chez une jeune fille - mais avec tout le talent de ce jeune auteur, c'est-à-dire réussir à dire beaucoup en montrant très peu. L'intime, le pudique, les silences... ces trois bandes dessinées là, de lui, restent quelques-unes des plus belles bd que j'ai lues.

polina

 

 

 

08/03/2011

Le fils

C'est un jour particulier. Un jour pour que les colombes s'envolent. Depuis plusieurs mois, j'écris des petits mots sur les livres. Il y a une boîte dans la librairie où les petits mots s'accumulent. Ce matin, en roulant jusqu'à Avignon, je me demandais quels mots j'allais mettre sur ce livre là.

Hier c'était un jour de très grand soleil. Genre printemps. Genre on quitte les vestes. Je suis allée chercher noé à l'école, et j'étais encore toute en larmes. Parce que je venais de finir le livre, et j'étais bouleversée. J'ai été bouleversée jusqu'au soir. Et même, encore, là.

En fait, je ne peux pas en parler, non. Même pas mettre un petit mot blanc sur le livre dans la librairie.

 



Rencontre avec Michel Rostain, Goncourt du 1er roman avec "Le Fils" sur Culturebox !

 

"chercher encore des mots
qui disent quelque chose
là où on cherche les gens
qui ne disent plus rien"

Erich Fried

 

 

07/01/2011

Terrienne

Le 13 janvier paraît le prochain roman de Jean-Claude Mourlevat, Terrienne (chez Gallimard jeunesse). Je me souviens très bien de l'émotion avec laquelle j'avais lu les épreuves à paraître du Chagrin du Roi Mort, son précédent livre.

 

Terrienne--jean-claude-mourlevat2.jpg

(bon j'ignore si la couverture sera celle-ci, personnellement je préfererai que non, et les avis sont partagés sur le titre, qui devait être à un moment "Les passagers de l'Hôtel légende").



"J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez, je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée (pas par Bran), être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise... je veux faire entrer l'air dans mes poumons, ... je veux respirer."

 

et puis il y a ces mots, au début, que j'aime beaucoup aussi. Anne et Etienne Virgil se rencontrent et lorsqu'Anne se demande pourquoi elle est attirée par cet homme, elle dit ceci : "Peut-être fait-il partie de "ceux pour qui le monde n'est pas assez". 


et voilà l'avis de Simon, de la librairie Mlire, ici. Et je suis assez d'accord avec lui. Ce n'est pas un grand roman comme il a pu en écrire, mais en ce moment, comme faut avouer qu'y a pas grand chose non plus, c'est pas mal :-) Oh allez, non non, c'est bien.
Ce qui est drôle, c'est le personnage de l'écrivain, qui trouve son dernier livre nul...

16/10/2010

du besoin d'histoires

C'est bientôt Noël. ça veut dire que dans les cartons que l'on reçoit par palettes entières en ce moment, il y a beaucoup, beaucoup de livres, et j'aime ce moment où l'on se dit déjà : celui-là, oh oui, celui-là, je vais beaucoup en parler.

Je viens de lire le dernier album de Thierry Dedieu, Le maître des estampes (Seuil), et je le trouve vraiment très beau. C'est un conte. Un riche mandarin commande un dessin à un artiste. Il s'étonne que celui-ci lui demande une somme élevée et un délai très long. Lorsqu'arrive le jour de la livraison, l'artiste démontre au riche mandarin ce qui s'est passé dans son atelier durant ces derniers mois.

maitredesestampes.jpg

 


Et il y a cette phrase :

"Des deux vies du papillon,
ce n'est pas celle de la chenille que l'on retient,
mais celle du papillon".