14.09.2011
Donner
Appelle-moi Charlie
- Marcus Malte
- Mini-Romans, Sarbacane - 5 €
Alors. Soyons honnêtes. Il y a des livres comme des promesses. On les attend, puis lorsqu’on les reçoit, on les garde quelques jours encore avant de les ouvrir religieusement. Appelle-moi Charlie est de ceux-là. Pour plusieurs raisons pas franchement très objectives. On aime la collection (des textes courts pour ados), le format, les couvertures, et surtout on aime l’auteur. On n'a pas tout lu de lui, mais ce qu’on a lu, on a vraiment aimé.
Et voilà. Promesse tenue.
Parce que c’est très court, que ça commence très bien, que ça finit très très bien, et qu’au milieu, enfin pendant tout ce tout petit livre, on y croit. On marche.
L’histoire, c’est celle d’Elias, treize ans, qui rencontre… Charlie. Et Charlie lui dit des choses essentielles. Comme (je ne résiste pas) : « il faut donner, Elias ! C’est ça, l’essentiel. C’est ça, le secret. Il faut offrir. D’accord, ou pas d’accord ? »
15:32 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
06.09.2011
Le monde dans la main
Donc oui Hélène :-) comme beaucoup de libraires (La Soupe de l'Espace, notamment), j'ai lu Le monde dans la main, de Mikaël Ollivier, et j'ai beaucoup aimé. Alors pour être tout à fait franche, j'ai beaucoup aimé le début, un peu moins le milieu, et... et la fin me laisse un petit doute, quand même.
Ce qui est sûr, c'est que c'est un livre souvent très drôle, et souvent très émouvant aussi, très bien écrit, et que ces trois qualités là n'arrivent quand même pas très souvent.
Petit extrait que j'adore :
"- Tu ressens quoi ? m'a demandé ma soeur.
- c'est comme si le printemps était venu rien que pour moi.
- poète, en plus ?
- fais pas chier. Tu me demandes, je te réponds... C'est... J'ai la poitrine gonflée, je suis sans cesse au bord des larmes, mais de joie, de reconnaissance. j'ai l'impression de tout ressentir plus fort, de mieux entendre les sons, de mieux sentir les parfums. Mon coeur bat plus vite aussi. Dès le réveil. Je me réveille et il se met à cogner parce que je me souviens qu'elle est là, qu'elle existe. je trouve tout beau. je m'arrête dans la rue parce que j'entends un oiseau chanter et quand je le vois, je souris.
- Tu deviens débile, quoi !
- Non : heureux. "
Ah oui et autre petite citation que j'adore, dans Mon lapin, de Solotareff et Bravi :
"- en fait, mon nom, c'est Garance, mais j'aime bien changer les noms. Et toi, tu t'appelles comment ?
- Augustin, répondit le lapin.
- Bon, dit Garance. Je vais t'appeler Jean. "
13:50 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.08.2011
chef d'oeuvre
L'autre soir, j'ai enfin lu Asterios Polyp, qui a reçu le prix spécial du jury au festival de bd d'Angoulême cette année. C'est un pavé, lourd, et dès les premières pages, on est absolument fascinés. Embarqués.
Asterios Polyp est un architecte et professeur. Après un incendie qui détruit son appartement, il quitte la ville et devient mécanicien automobile. L'histoire paraît banale, mais elle est jalonnée de flash-back sur sa vie, son enfance et son mariage chaotique. Ce roman graphique est surtout incroyablement construit, et chaque planche happe véritablement. Plein de gens (là, là, et là notamment) pensent que c'est un chef d'oeuvre. Moi pareil.
18:47 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : asterios polyp
"on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie"

" - et toi Marcel, le temps mort ?
- Oh là oui, je l'ai traversé. Et je le traverse de plus en plus souvent, Antoine. Presque tous les jours maintenant. Au début, quand j'étais jeune, je pensais qu'il y avait des causes. La mort de Lucile, bien sûr, et d'autres "bonnes raisons"... mais bientôt j'ai senti que ça venait en dehors de toute cause, ce temps vide, difficile à passer, un temps où le fait de vivre c'est pas évident, c'est pas donné, non. On sent que du temps passe, que de la vie passe, en nous, et c'est étrange d'en prendre conscience et de n'en rien faire. Rien. Juste "passer le temps" comme on dit... J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les vrais oisifs, ceux qui arrivent à ne rien faire sans se détruire... Tu vois, moi j'ai des passions, les livres, ça me sauve... je traverse mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... je les aime et je leur suis infiniment reconnaissant du temps passé devant leur table... ils m'aident à traverser. Et qu'eux soient morts ou vivants, ça n'a plus aucune importance. J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi. C'est pour ça que j'en fais le commerce, je ne connais pas de meilleur commerce."
"J'ai toujours aimé les fous, Antoine. Les décalés, c'est les seuls qui lui laissent la place, au désir. Dans le décalage, c'est là. Je me méfie des gens trop bien installés, riches ou pauvres, dans leur peau, garantie cent pour cent tranquilles. J'aime pas les cimetières ambulants. La moitié des gens sont déjà morts. Tu vois, au marché, j'ai appris plein de choses. Combien j'ai de clients, moi, sur tous ceux qui achètent au marché ? ... même pas dix pour cent ! Ceux-là, en plus des carottes et des pommes de terre, il leur faut une épice, le goût de quelque chose d'autre. Ils viennent le chercher dans les livres. Sinon ils savent bien que toutes les carottes du monde, même bio, et tous les steaks, ça ne servira pas à grand chose pour traverser les jours. Dans les livres, il y a le décalage. La place pour le désir."
Extraits de Les insurrections singulières, de Jeanne Benameur.
Jeanne Benameur était en avril dernier l'invitée de La grande librairie pour parler de ce livre.
14:05 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.08.2011
à paraître
L'été, c'est le temps des épreuves, des livres à paraître bientôt...
Terminé hier soir, L'enfant du jeudi, de Sonya Hartnett, l'auteure de L'enfant du fantôme, que j'avais tant aimé l'année dernière. L'histoire se passe en Australie, lors de la Grande dépression. C'est la petite Harper qui raconte. La naissance de Caffy et le moment où Tin, son petit frère, se met à creuser la terre sous la vieille maison.
Sonya Hartnett, lauréate notamment du prestigieux prix Astrid Lindgren, écrit décidément très bien. La couverture est sombre et le roman, au contraire de L'enfant du fantôme, n'est pas du tout baigné de lumière. C'est une famille pauvre, qui accumule les malheurs, et seule l'acharnement d'Harper - voir la mer, écrire des histoires, épouser Izzy - vient parfois éblouir le texte.
L'enfant du jeudi doit paraître le 18 août prochain aux éditions des Grandes Personnes.
Commencé avant-hier, K-cendres, le prochain roman d'Antoine Dole, l'auteur de Je reviens de mourir et Laisse brûler, dans la collection Exprim' de Sarbacane.
Antoine Dole en parle ici et puis il y a cette très belle citation au début du livre :
Les contes ne révèlent pas aux enfants que les dragons existent, les enfants le savent déjà.
Les contes révèlent aux enfants qu'on peut tuer ces dragons.
(la phrase est de Gilbert Keith Chesterton, un écrivain anglais du XXe siècle que je ne connaissais pas du tout mais qui est apparemment très connu)
Je me souviens très bien du moment où j'ai lu Je reviens de mourir, lorsque la librairie fermait à l'heure du déjeuner, je l'avais lu assise sur les marches, avec une certaine peur, et une fascination. K-cendres me fait le même effet. J'avance doucement, je relis des phrases.
Échouer encore et réessayer, encore. Pour combien de
temps ? Tant qu’elle vivra. Elle sait cela. Parce qu’elle aussi,
ça la dépasse : cette vérité froide qui l’attire sur son fil, elle
pend au bout, bêtement. N’en maîtrise rien, grimpe dessus
comme elle peut, avec la peur toujours de se faire happer de
l’autre côté, quand ça se tend, d’un coup, sans prévenir, la
rattrape. Alors elle improvise.
K-cendres doit paraître le 9 septembre chez Sarbacane. 
Il y a aussi les épreuves du prochain roman de Mikaël Ollivier, Le monde dans la main, qui paraîtra le 17 août aux éditions Thierry Magnier (et dont on parle ici). 
Et puis il y a enfin, dans ma voiture ce matin, les extraits lus de quelques romans adultes à paraître chez Gallimard à la rentrée. ça commence par Stéphane Audeguy, et puis après il y a, dans le désordre, Eric Fottorino (Le dos crawlé, sur l'été 76), Laurence Cossé (Les amandes amères), Colette Fellous, Boualem Sansal, et puis le prochain livre de Carole Martinez, Du domaine des murmures, dont Pierre Jourde parle là.
12:03 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Les désordres de la bibliothèque
Muriel Pic, Christian Prigent
Filigranes éditions - 25 euros
Les désordres de la bibliothèque présente un ensemble de photomontages manuels de bibliothèques privées et publiques. Il est accompagné d’un préliminaire de Christian Prigent et d’un essai sur la première photographie publiée de bibliothèque réalisée par W.H.F. Talbot en 1844. Quel est le sens d’une image de bibliothèque sinon d’être le portrait intime d’un lecteur et la cartographie de ses divagations ? À l’ère du numérique et à l’encontre d’une vision académique de la lecture, l’ouvrage demande : qu’est-ce que lire aujourd’hui ?
11:12 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les désordres de la bibliothèque
21.07.2011
Alleluïa...
Quand on revient de vacances...
(et là j'ai une vieille chanson dans la tête, genre que je jouais à la flûte petite, d'où le titre de la note - et celui qui trouve la chanson a gagné),
il y a :
- le bonheur de refaire des tables, de bouger des piles, de chercher les nouveaux livres
- le bonheur de revoir des gens qu'on aime
- la surprise du festival d'Avignon, comme si chaque année on oubliait
-
le bonheur de lire à nouveau des blogs fétiches, celui-ci, celui-là et celui-ci aussi bien sûr évidemment
- le pincement au coeur de décrocher les originaux de Laurent Corvaisier
-
le plaisir de découvrir le relookage plus que réussi d'une collection chez l'éditeur Oskar
- celui - immense - de conseiller des enfants, des ados, des grands-mères, des mamans - et de conseiller le livre dont en ce moment on ralentit la lecture tellement on aime (Les chaussures italiennes, de Mankell)
et...
et plein encore.
11:33 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
30.06.2011
(et devant - et au-dessus des piles)
Dans Le Matricule des Anges de février 2009 (et repris dans un article tout récent de Pierre Murat, dans Télérama...), le romancier Pierre Senges avait répondu ainsi à la question "Quelle critique littéraire attendez-vous ?" :
"j'attends qu'elle trouve des remèdes à sa propre lassitude, ou les invente avec notre aide. J'attends qu'elle ne redoute pas comme la lèpre de passer à côté du génie inconnu. J'attends qu'elle se méfie avec malice de l'importance".
Alors.
Petite sélection muette (presque) :
des livres d'hier :
des livres tout neufs :
et même que celui-ci direct on a vu le titre on l'a embarqué, et qu'après, on a chanté une vieille chanson toute pourrite tant pis...
un livre qu'on n'avait pas vu passer et qui nous en rappelle un autre (ou l'inverse),
un livre en cours. Qui nous en rappelle plein d'autres (ou au moins un, ou deux).
et un livre à venir. Bientôt. Youyouh.
ohhhh et même un lien. Yes.
Merci Batifolire, du coup :-)
22:04 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.04.2011
"Quand un apiculteur meurt, il faut le dire à ses abeilles"*
Il faut le dire aux abeilles est le titre d'un très bel album qui vient d'arriver, écrit par Sylvie Neeman et illustré par les photographies de Nicolette Humbert (publié à La Joie de lire). Yulenka en parle ici.
"Quand un apiculteur meurt,
il faut aller le dire à ses abeilles,
elles ont le droit de le savoir.
Inutile de leur raconter
qu'il est parti pour un long voyage ;
inutile de faire semblant
que c'est une bonne nouvelle ;
inutile de prétendre qu'il est au ciel
et s'amuse avec les anges.
On ne sait pas.
ça, on peut le dire.
on peut dire aux abeilles qu'on ne sait pas"
(Sylvie Neeman avait déjà publié Mercredi à la librairie, dont Alice Liénard parle ici).
Pour les ados, il y a ce roman magnifique qui vient de sortir également, La fourmilière, de Jenny Valentine - la même que Ma rencontre avec Violet Park. Et Marie en parle ici.
En bd, il y a le tome 2 de Blast, dont Jean parle là.
(au ciné, il y a Tomboy, de Céline Sciamma, ici)
Il y a une lettre rigolote de Guillaume Guéraud ici
et quoi encore ?
Ces quelques mots d'Albane Gellé dans Je te nous aime (chez Cheyne éditeur, là)
"elle
son drame c'est de ne pas être
intelligible quand elle se met à
parler de trop ce qu'elle comprend"
et puis surtout, vendredi 6 mai, à partir de 18h30, à la librairie, il y aura Thomas Scotto et Arno. Et des surprises.
(et Monique d'ajouter : "et quand les abeilles meurent, il faut le dire à qui ? Monsanto ?)
18:01 Écrit par madeline dans animations, lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : il faut le dire aux abeilles, je te nous aime, la fourmilière, blast
25.03.2011
les monstres (et moi)
et ça, ça, c'est pas complètement fabuleux de recevoir ce livre-là ?
(ça, c'est pour qui ceux qui ont suivi les notes d'avant, et même, encore pire, qui connaissent les livres - et sinon, c'est juste encore un super livre sur les amis imaginaires et le temps qui fait des boucles).
15:09 Écrit par madeline dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mon monstre et moi














