14.05.2008
Semaine des librairies sorcières

Grand Loup et Petit Loup
La petite feuille qui ne tombait pas
Nadine Brun-Cosme, Olivier Tallec
Les albums du Père Castor, Flammarion
Il y a peut-être des livres universels. Et peut-être même que les libraires sont libraires juste pour ces livres-là : ceux qui plaisent à tous, à tous les âges, partout, et… pour longtemps. La rencontre de Grand Loup et Petit Loup, c’est la naissance, l’amitié, l’amour : c’est un peu tout ça en même temps et Nadine Brun-Cosme le dit très bien. Et Olivier Tallec l’illustre très bien.
Jusqu’au jour où Petit Loup veut la petite feuille tout en haut de l’arbre. Grand Loup lui dit « Attends, elle finira bien par tomber. » Mais les saisons passent, le printemps, l’été, l’automne et bientôt l’hiver est là et la petite feuille s’obstine à ne pas tomber. Qu’importe : Grand Loup ira la chercher. « Comme ça. Sans raison. Juste pour voir les yeux de Petit Loup briller ». Dites, c’est pas universel, ça ?
Grand Loup et Petit Loup à Avignon
Une luge au début de l’été, une raquette de tennis au milieu des fleurs, un filet à papillons dissimulé derrière les chapeaux ?
Des drôles de sorcières se sont amusées à cacher dans les vitrines des commerces de la ville des objets piochés dans l’histoire de Grand Loup et Petit Loup. Petit jeu de piste où, d’indices en indices, une phrase reste à trouver…
A partir du 20 mai, les enfants sont invités à retirer à la librairie L’Eau Vive les feuilles de route qui les guideront dans la ville à la recherche de Grand Loup et Petit Loup.
Le livre de Grand Loup et Petit Loup est le choix de la librairie L'Eau Vive dans le cadre de la première Semaine des libraires sorcières.
En France, nous disposons d’un réseau de librairies spécialisées jeunesse indépendantes qui s’investissent quotidiennement dans la défense et la mise en valeur de la création. Nous sommes aujourd’hui quarante quatre à faire partie de l’Association des Librairies Spécialisées Jeunesse (A.L.S.J.), reconnues pour notre volonté de proposer des sélections de livres pertinentes et qualitatives, dans le respect et la connaissance de l’enfant.
En France, nous disposons aussi de créateurs de talent dans l’univers du livre jeunesse.
Ces artistes travaillent en lien étroit avec des éditeurs reconnus, comme eux, sur notre territoire et à l’international.
Pour découvrir ou redécouvrir tous ces créateurs, nous vous proposons de nous rejoindre dans nos librairies du 19 au 24 mai 2008.
Durant cette semaine, chacune de nos librairies propose de partager son coup de cœur pour un livre, son auteur, son éditeur. A côté de nos choix personnels, nous présenterons aussi les ouvrages sélectionnés par les autres Librairies Sorcières. Ce sera un moment fort pour souligner notre engagement à défendre la création, à faire vivre le fonds comme à lancer des nouveautés.
Vous pouvez consulter ici la liste des 44 albums sélectionnés par les libraires de l'A.L.S.J. Ces 44 albums sont présents dans la vitrine de L'Eau Vive.
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13.05.2008
La photographie, un art de la mise en scène
Au mois de janvier dernier avait lieu la 24e Fête du livre de jeunesse de Saint-Paul-Trois–Châteaux.
Micheline Verger, bibliothécaire jeunesse à la B.D.P. de Sorgues (dans le Vaucluse) a assisté aux conférences organisées lors des journées professionnelles autour du thème choisi cette année, la photographie et les clichés dans le livre jeunesse.
Voici le compte-rendu d'une rencontre qui a eu lieu le mercredi 30 janvier 2008.
La photographie, un art de mise en scène
Rencontre avec trois photographes.
-François Delebecque, photographe auteur de livres de jeunesse qui utilise principalement les techniques pour transformer le réel dans ses albums.
-Claire Dé, jeune illustratrice.
-Isabelle Simon dont le mode d’expression est le modelage et la photographie, un art de la mise en scène.
Isabelle Simon a commencé des études de communication et souhaitait devenir reporter. C’est à un voyage imaginaire qu’elle nous convie. Ce qui retient son attention, ce sont les postures des gens. Elle réalise des personnages en terre, des personnages naïfs mais plein de vie. Ce qui leur donne vie c’est justement la mise en scène. Ainsi un petit berger dans les Hautes Alpes avec un arrière fond de montagnes. Elle s’amuse à jouer des clichés, le maître nageur est un costaud crâneur, l’inspecteur porte l’incontournable imperméable…Isabelle a attendu dix ans qu’Olivier Douzou l’édite au Rouergue avec l’album très remarqué Des petits bonhommes sur le carreau. Isabelle s’interroge sur l’homme d’un point de vue social, culturel et géographique. Elle cherche à questionner le monde par le regard. Aujourd’hui, l’écologie est au cœur de ses préoccupations fondamentales.
Huit livres édités dont trois dont elle est l’auteur du texte. C’est Olivier Douzou qui a fait évoluer son travail vers le texte. Au départ ses albums n’en comprenaient aucun.
Il fait beau là-haut ? Isabelle Simon, éditions du Rouergue
Au bord de la piscine, pimpante dans son maillot de bain vert et coiffée d'un bonnet rouge, une petite baigneuse se montre sous toutes ses facettes : de loin, de près, de face, de dos, au soleil, à l'ombre, etc. Un album ayant pour cadre un environnement ludique et familier pour que le tout-petit appréhende l'espace dans toutes ses dimensions.
Au monde, Isabelle Simon, Thierry Magnier
Un enfant indigène et son rapport au monde et à la vie. De sa petite enfance à l'âge adulte, en passant par la vie de famille et sa relation avec les ancêtres...
François Delebecque se dit photographe traditionnel. Il a commencé à l’âge de quinze ans. Il met en scène pour donner à voir.
Ex : des bottes jaunes d’où émergent des algues qui prennent leur envol. Un galeriste lui avait demandé un travail sur la plage, il a retravaillé ses photos pour en faire un livre. Il dessine d’abord sa mise en scène, elle est simple comme un bateau qui navigue, puis on plonge dans l’imaginaire, le bateau navigue sur les rochers, s’envole…
Il a réalisé tout un travail d’influence publicitaire, ce sont des légumes en équilibre sur des formes contemporaines, des légumes sublimés en sculpture contemporaine. François a eu l’expérience d’un roman photos chez Piranha. Son album sur les ours est une commande destinée aux adultes pour le centenaire de l’ours en peluche. Tout est traité en noir et blanc.. C’est un travail qui n’a pas abouti mais qu’il a repris plus tard pour donner naissance à un album. Le propos du livre est celui d’ours qui posent leur regard sur la vie des hommes.
Aujourd’hui, on connaît bien François Delebecque pour ses albums Les Animaux de la ferme et Les animaux sauvages. Des silhouettes noires à soulever qui cachent une surprise photographique. François met en scène un objet graphique qui se détache de la mise en scène composée.
La plage d'où les bateaux s'envolent, François Delebecque, Seuil
Les songes de l'ours, François Delebecque, Thierry Magnier
Les animaux sauvages, François Delebecque, Panama
Claire Dé, Une grande réussite éditoriale avec l’album Ouvre les yeux chez Panama. Claire Dé a bénéficié chez Brigitte Morel, d’une grande liberté de travail y compris dans le procédé de fabrication du livre. Elle avait publié au préalable un très grand album Big bang book, cartonné, spiralé qui permet au regard de partir dans tous les sens. Ouvre les yeux est plus intimiste, c’est un voyage intérieur.
Pour Claire Dé, la mise en scène du livre est essentielle. Elle a travaillé pour le théâtre avec une compagnie qui mettait en scène des objets. Lorsqu’elle conçoit un album, elle s’immerge totalement dans son sujet pendant un an. Elle cueille les choses au raz du sol, fait de l’intervention sur le terrain (équipée d’un sac à dos avec un atelier portatif). Le rôle du photographe est d’écrire avec la lumière, C’est la lumière qui donne vie. Ouvre les yeux est un livre silencieux, ouvert au bruit. Claire Dé aime à mimer les émotions dans son atelier et à prononcer des onomatopées sur ses images. Pour elle, le blanc dans la page est important. Il rythme l’album, offre du silence. C’est comme pour les textes à trous de la littérature. Ouvre les yeux donne l’illusion d’un nuancier de couleurs, les photos ont été réalisées en argentique. Ca pète au niveau des couleurs et de la lumière sans écraser le sujet.
Claire Dé parle de dramaturgie graphique, il incombe au lecteur de construire ses histoires.
Ouvre les yeux, Claire Dé, Panama
Big Bang Book, ClaireDé, Seuil jeunesse
Compte-rendu de Micheline Verger, bibliothécaire jeunesse BDP de Sorgues (Vaucluse).
19:01 Publié dans salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : claire dé, isabelle simon, françois delebecque, photographie, livre jeunesse
17.04.2008
La librairie avec libraires
La 10e édition de la Fête de la librairie par les libraires indépendants, « Un livre, une rose », se tiendra cette année le samedi 26 avril, à trois jours de la San Jordi (Journée mondiale du livre et du droit d’auteur). Pour marquer cet anniversaire, l’association organisatrice Verbes innove avec un Guide insolite de la librairie avec libraires. Les années précédentes, à L'Eau Vive, on offrait des roses... et des livres. Comme on respire, de Jeanne Benameur, et puis les Lettres ouvertes aux lecteurs qui aspirent encore à la liberté.

Cette année, c'est donc ce guide insolite de 190 pages, au format poche, qui sera offert, en plus de la traditionnelle rose, aux clients des librairies participant à la manifestation, et donc, à L'Eau Vive ! Ce guide offre un portrait subjectif de quatre cents librairies environ.
A L'Eau Vive, ce jour-là, c'est... beau. Les roses ont été commandées au fleuriste La Chaîne Verte, 2 rue du Général Leclerc. Ce fleuriste, j'ai couru chez lui un soir et il m'a parlé d'une amaryllis pendant dix minutes. Je l'écoutais sans trop l'écouter (pardon), je repensais à ce que m'avait dit Katy le jour où je l'avais amenée au salon du livre de jeunesse d'Aubagne, en passant devant un fleuriste : "l'amour des livres et des fleurs, ça se ressemble non ? tu pourrais parler des fleurs comme tu parles des livres". Oui, ce fleuriste là parle des fleurs comme on parle des livres - comme, en fin de compte, on parle d'amour.
Ce jour-là, le samedi 26 avril 2008, à l'Eau Vive, on offre des roses, tout le jour.
Et à partir de seize heures, on accueille Anne Cortey, Bruno Heitz et Vincent Bourgeau.
Anne Cortey est l'auteur de plusieurs albums, dont le dernier paru, Une vie d'escargot, est un petit gâteau que l'on mange en douce au goûter, ravi de penser que l'on est encore enfant.
Vincent Bourgeau a illustré un texte d'Anne Cortey :
Pas peur du Loup, publié en octobre 2007 par Gallimard. Ils seront donc là tous les deux pour signer ensemble.
Il est aussi l'auteur-illustrateur du Père et du Fils du Pirate, publiés dans La bande des petits, au Seuil, et puis (on ne cite pas tout !) de
La princesse des oiseaux, à l'Ecole des Loisirs, l'un des livres pas trop roses sur les princesses.
Et puis Bruno Heitz, qu'il ne se vexe pas, on ne le présente plus ! J'ai fini par cacher sa petite Poule rousse parce que Noé réclamait le livre trois fois par jour. Récemment, il a publié quatre merveilles : Kiki le Hamster, Le loup et les sept chevreaux,
Le Roman de Renart (en bd) et
Le roi boiteux.
Quant à la fête de la librairie indépendante, pour ceux que ça intéresse, je recopie ici les propos de Marie-Rose Guarniéri, de la librairie des Abbesses (Paris 18e), qui a implanté en France cette tradition catalane d’échanges entre lecteurs - la San Jordi. Cette « Journée du livre et de la rose » empruntée a la Catalogne est avant tout une manifestation de proximité qui fait vivre le livre dans la ville, dans le quartier, au plus près des lecteurs.

Le Guide insolite de la librairie avec libraires, que l'on offrira à L'Eau Vive le 26 avril, se veut une invitation a voyager dans le paysage de nos librairies à travers toute la France, toutes les régions, toutes les villes...
"N'oubliez pas, après avoir dégusté la meilleure gastronomie, vu les bons musées, senti les beaux jardins, goûté au sublime des cathédrales, de faire un détour par ces hauts lieux de culture que sont nos librairies. Une librairie avec libraires ?"
Oui, car nous voulons vous faire connaître ces professionnels qui, chaque jour, vous ouvrent grandes leurs portes, en insistant sur ce qui les différencie mais aussi en vous livrant ce qui les rassemble. A côté des réseaux de grande distribution et des réseaux en ligne, l'existence de ce réseau indépendant, diversifie et créatif de la librairie française représente une chance exceptionnelle. Chacun de ces lieux, ne l'oubliez pas si vous en franchissez le seuil, est avant tout le fruit du désir fou d'une seule personne ou d'une équipe, défiant la raison économique et les plis culturels de l'époque. En se frottant aux oeuvres littéraires, le libraire forme année après année son goût pour inventer son style de librairie : l'art de recréer le monde de la littérature, en le hiérarchisant, en faisant des choix, en proposant des passerelles, des filiations, des cousinages entre les oeuvres connues et inconnues.
Mais la librairie, c'est aussi un bras de fer avec le temps. Il faut donner du temps aux auteurs, à l'audace éditoriale, pour rencontrer un lectorat. Et il faut des intermédiaires de pointe à la culture, car elle demande de nobles efforts, des détours, elle est un plaisir difficile qu'il faut savoir défendre et faire connaître même si l'on est parfois isolé, armé de sa seule conviction pour échapper au sempiternel diktat des meilleures ventes. Voilà, chères lectrices et chers lecteurs, l'esprit de ces lieux, vous le savez bien, offre une richesse et une évasion touristique insolites grâce à leur architecture, leur décoration, leur atmosphère... mais la vraie aventure, bien sur, demeure dans la rencontre avec un livre qui vous attend et que vous n'attendiez pas !
Note de la rédaction : L'association Verbes tient à préciser que ce guide n'est pas exhaustif, c'est une première édition qui sera régulièrement réactualisée par une édition parallèle en ligne, bientôt à votre disposition.
15:13 Publié dans animations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.04.2008
le livre de la semaine - à la radio
C'est Louise qui vient de gagner Lola, reine des princesses (Carl Norac, Claude K. Dubois, Pastel), à l'émission de radio qu'anime chaque mercredi, à 16 h, Sylvie Sourdais sur France Bleu Vaucluse.
La semaine prochaine,
Sylvie présentera Deux à la fois, le dernier livre de Rascal.
16:55 Publié dans les livres sur France Bleu Vaucluse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
et les gagnants sont...
Après la remise des prix du concours d'écriture et d'illustration, voici le palmarès du concours de dessins organisé autour de l'album Comment maman a changé la vie de papa, de Katharina Grossmann-Hensel, aux éditions Nord-Sud.
10:33 Publié dans animations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.03.2008
Remise des prix du concours d'illustration
La remise des prix du concours d'écriture et d'illustratrion
aura lieu le samedi 29 mars, à 15 heures,
à la librairie L'Eau Vive.

Ce concours avait été organisé par l'association Les amis de L'Eau Vive (merci Marie-Georges) à l'occasion de l'anniversaire des trente ans de la librairie l'Eau Vive. Il était ouvert aux écoles primaires du département du Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-rhône (dans un rayon de trente km autour d'Avignon uniquement).
Il s'agissait de réaliser un carnet de lecture géant (format A3) d'une trentaine de pages.
Ce carnet devait reprendre les trente titres d'albums sélectionnés par les libraires Jean-François et Sylvie Sourdais et qui représentaient pour eux leurs coups de cœur de ces trente dernières années en librairie jeunesse.

Après la tempête des trente ans !, le jury s'est enfin réuni pour désigner les gagnants. Venez assiter nombreux à la remise des prix, et voir ainsi les cahiers fabuleux qu'ont réalisé les enfants autour de Ma Culotte, La petite taupe, J'ai un cauchemar dans mon placard, Jésus Betz, 365 pingouins ou L'Album d'Adèle.

15:02 Publié dans concours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2008
Ecrire et illustrer des contes
Suite des comptes-rendus des trente ans de la librairie...
Le mardi 9 octobre 2007, L'Eau Vive accueillait Kady Kaya, conteuse, et Dominique Rousseau, illustrateur. Denis Bruyant était là pour animer cette rencontre sur le thème de l'écriture et l'illustration des contes.

Denis : Kady Kaya, vous êtes originaire d’Afrique et plus particulièrement de deux pays : le Burkina Faso et le Congo. Vous avez voyagé entre Afrique et France et baigné dans différentes cultures. Vous avez commencé des études de médecine, puis après quatre ans, vous avez décidé de tout remettre en question. Après plein de petits boulots en France et trois filles, vous voici officiellement bavardeuse et raconteuse, même si comme je le crois, on ne devient pas, on l’est, vous l’êtes probablement depuis toujours. Vous avez aussi commis un ouvrage chez l’Harmattan Les Jumeaux de la case carré.
Dominique Rousseau, vous avez fait des études de cinéma, vous avez été animateur-éducateur, animateur d’un atelier théâtre, d’un ciné-club, comédien, musicien de jazz, on vous dit aujourd’hui scénariste, dessinateur, coloriste. Vous arrivez en Avignon en 1993 (par le théâtre, vous nous en parlerez tout à l’heure). Vous animez aujourd’hui des ateliers, stages, vous intervenez en milieu scolaire, êtes formateur à La Passerelle sur l’île de la Barthelasse, le tout pour faire découvrir les coulisses du livre illustré et de la B.D. Vous avez commis de nombreux ouvrages, et collaboré à des séries : Condor, Chintu la petite danseuse, Le secrets des incas…..
Denis : Kady a probablement une signification dans votre langue d’origine ?
Kady : Kady veut dire qui me plaît, qui est douce.
Denis : Qu’est-ce qui fait que l’on devient conteuse ?
Kady : Pour moi, le plaisir d’être commère, un peu étrangère chez les uns et les autres, donc parler des uns aux autres.
Denis : Votre coloration dans vos contes ?
Kady : Oui, mais sans faire exprès, ça me vient naturellement.
Denis : L’Origine du conte ?
Kady : Le conte a plusieurs rôles : pour régler les problèmes, pour l’imaginaire. Je peux partir de quelque chose qui existe et que je transforme pour pouvoir raconter. Il y a le besoin d’écrire avant de conter. Les contes écrits sur le papier, je ne peux plus les raconter, ils ont leur vie . Ecrire un conte c’est le faire mourir. Une fois écrit, pour moi c’est sacré. Le conte vit quand on le raconte, dans ma parole, dans mes gestes, dans l’écoute des gens.
C’est le paradoxe : le conte vit, et se modifie, alors qu’une fois sur le papier, c’est celui qui le lit qui l’enrichit, on est alors encore dans la tradition orale. Le même mot n’a pas la même signification selon les personnes. Le conteur est passeur de mots quand il parle et quand il écrit.
Denis : L’illustration est une seconde lecture du conte, quand on doit illustrer un conte, on s’appuie sur le texte et on colle aux mots ou non ?
Dominique : L’illustration accompagne le texte, mais son pouvoir évocateur très fort et différent selon les personnes. Dans Chintu, c’est une écriture au présent avec l’alternance d’illustrations et de textes.
Denis : Si on retire le texte, le lecteur va-t-il être capable de lire le conte, de le comprendre ?
Dominique : Pour Chintu, oui. Le dessin et la mise en scène permettent la compréhension du comportement. Les inséparables est un conte chinois illustré à la gouache : ici, j’ai mélangé les illustrations et la BD.

Denis : Quel est l’avis du conteur qui lit des contes illustrés ?
Kady : C’est le mélange des deux qui est intéressant. Pour illustrer ce conte chinois, est-ce que tu t’es documenté sur le pays, les mœurs ?
Dominique : Je travaille sur la Chine ancienne depuis très longtemps (Juge Ti). J’ai utilisé ma documentation, mais je pars toujours de ce que je ressens. C’est un travail presque théâtral au départ, on dessine les personnages de l’intérieur (ce que ressent le personnage).
Denis : Pour « Au pays des rochers qui parlent », quels sont les éléments sur lesquels on s’appuie ?
Dominique : Entre Sisteron et le lac de Serre Ponçon, les gens se promènent et en approchant de rochers ou d’arbres, il y a des paroles. On doit chercher où se trouve le rocher suivant et on suit le même chemin que les personnages.
Il faut d’abord reconnaître les lieux, les contes sont écrits à partir de documents historiques. La contrainte est de passer d’un village à l’autre sans que cela soit dit par le comédien (ne pas citer le village suivant).
Denis : Les jumeaux de la case carré, c’est un conte ou roman ?
Kady : C’est une histoire. Je ne sais pas dans quoi l’enfermer. C’est une histoire, libre.
Denis : Qui est quand même liée à vos racines ?
Kady : C’est mon vécu et celui de ceux qui ont grandi en Afrique. Moi, j’ai grandi en Côte d’Ivoire dans cette culture qui a presque effacé les couleurs (asiatiques, européens…). C’est de ça que j’essayais de parler.
Denis : C’est difficile, quand on est conteuse, de devenir écrivain ?
Kady : On reste diseur, raconteur. Quand on raconte, on est avec ses personnages, quand on écrit aussi.

Public : Et la différence entre le conte et le roman ?
Kady : Dans le conte, il y a une espèce de musique d’enfance, il vous en reste un enrichissement.
Dominique : Le conte est lié à sa tradition orale.
Denis : Le conte écrit est laissé à d’autres : c’est le conte contemporain ?
Kady : Le conte est profondément humain, donc il évolue vers les problèmes des hommes. Le conte est porteur de sens, d’une sagesse, d’une problématique humaine, il ne vieillit pas et en même temps, il est porteur d’une culture et il est intemporel. L’illustration permet un autre regard sur le conte, elle permet de prendre du recul. Le rôle de l’éditeur est de dire : ce conte là, à qui je le propose ? Il doit bien connaître ses illustrateurs pour savoir à qui correspond quoi.
Pour L’ours qui lit, publié chez Didier jeunesse, Eric Pintus et Martine Bourre ne s’étaient jamais rencontrés. Martine Bourre, dans ses illustrations, a vu des choses que l’auteur avait à peine dites, ou suggérées. Ils se sont rencontrés après le livre, et c’était une belle rencontre.
Denis : Pourquoi la France, et Avignon ?
Kady : La seule langue et la seule culture commune entre mes deux parents c’était le français.
Dominique : Ma belle mère vivait seule dans le Luberon. J’en avais marre de Paris, c’est un choix pesé, la tête dans le sud.
Public : Vous êtes autodidacte en dessin ?
Dominique : Oui, mon père dessine. Le secret du dessin, la prise en compte du volume me sont venus plus tard. Le secret de la couleur c’est le noir et blanc.

Denis : Le secret du conte ?
Kady : Aimer ce que l’on raconte.
11:35 Publié dans 30 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kady kaya, dominique rousseau, l'eau vive, le conte
07.03.2008
Hélène Riff
Le 18 octobre dernier (oui, c'est loin) la librairie accueillait Hélène Riff. La rencontre, qui avait lieu dans le cadre des trente ans de la librairie, était animée par Denis Bruyant.

Denis : Hélène, vous êtes auteur illustratrice. Vous êtes née à Alger, un an après mai 68, vous arrivez en France vers l’âge de 10 ans. A 17 ans, vous commencez à étudier aux Beaux Arts de Montpellier, puis à l’école des Arts Appliqués de Lyon et enfin dans l’atelier d’illustration des Arts Déco de Strasbourg avec Claude Lapointe.
Après Paris, vous vivez maintenant dans la ville d’Arles. Vous êtes certes illustratrice, mais vous êtes aussi artiste, écrivain et si l’on en juge par les ouvrages en notre possession, vous êtes très famille ou pour le moins influencée par la famille.
Ce soir, nous nous adressons en particulier à l’auteur et l’illustratrice et ces deux mots ont de l’importance au regard de vos albums. En effet, la relation entre le texte et l’image est toute particulière, puisque le texte est souvent utilisé comme le trait du crayon, il participe pleinement à la composition de l’image. Les mots circulent dans l’image, disposés en plusieurs endroits. En fait, le texte est une vraie composante de l’image, notamment dans Le jour où papa a tué sa vieille tante où l’écriture semble être une véritable illustration.
Les textes sont vivants, vous jouez avec la typographie, les mots sont de conversation, de réflexion de tous les jours, c’est simple en apparence, mais pesé, repesé, des mots auxquels vous ajoutez des pensées, des secrets, des chuchotements, des cris, justement par le jeu typographique.
Quant à vos dessins, c’est du pareil au même ! Esquisse, liberté, transparence, émotion, évocation, croquis, flou et précision. Mais aussi détails et actions, jeu de mise en page, plan éloigné, plan moyen, gros plan, mouvement, force et fragilité des personnages. Voilà ce qu’évoque pour moi la lecture de vos albums. Les nombreux lecteurs qui vous suivent sont intimement convaincus que chaque album est une invitation, je dirais même un privilège, à entrer dans votre univers, sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger, pour regarder vivre une famille et partager avec elle joies et souffrances ….et nous surprendre à chaque page.
Après, je l’espère vous avoir mis l’eau à la bouche, et cité quelques-uns des ouvrages dont nous parlerons, il est temps de réveiller Hélène et de savoir si nous avons les moyens de la faire parler !
Si ces livres me rappellent mon âme d’enfant, je me demande comment vous faites pour trouver cette vivacité du texte, cette fraîcheur du dessin, cette aptitude à être un enfant et d’entrer dans son imaginaire ?
Au départ, je me les raconte pas mal jusqu’à ce que je sente que c’est bon. Après feuilles collées et j’écris, je dessine, j’écris….

Texte et images en même temps ?
En même temps, oui, l’écriture et les images. Je fais plusieurs brouillons. Je travaille par intermittence, je tourne autour du pot.
Ca mûrit lentement…
Quand j’étais petite, l’efficacité était importante, le vide effrayant. Alors je suppose que par réaction, j’ai besoin du vide maintenant.
Il y a une sorte de paradoxe, c’est l’impression de grande souplesse du trait (la rapidité), qui est le contraire du mûrissement dont vous parlez.
Oui, exactement, c’est vrai.
Combien de temps nécessite un album ?
Pour Papa se met en quatre j’ai mis sept ans à le faire. Certaines personnes ont quelque chose dans la tête et dessinent ce qu’ils ont. Moi, je n’ai pas d’images dans ma tête, donc je fais des essais, du coup ça me prend du temps. Mais mon éditeur est très bienveillant, donc j’ai la chance de ne pas avoir cette contrainte du temps.
Vous nous parlez du rôle de l’éditeur ?
Pour Papa se met en quatre et Le jour où papa a tué sa vieille tante, c’est moi qui ai tout décidé. Sur Le tout petit invité, l’éditeur a fait un gros travail pour le système de l’accordéon.
Le tout petit invité est un livre de commande, ce qui signifiait une échéance, et moins d’espace de liberté ?
Au départ, j’ai pensé dire non. Et puis j’ai réussi ! Avec de la discipline, les enfants mis chez la grand-mère, le linge qui déborde des panières…
Quand on regarde Papa se met en quatre, on voit la vieille tante Victorine que l’on retrouve dans l’album Le jour où papa a tué sa vielle tante. Il y a une grande influence de la famille ?
Je viens d’une famille de 6 enfants, mon père de 7 enfants et ma mère de 9 filles. Il est pour moi familier que la famille soit là et nombreuse. Mes albums partent d’histoires vraies, et mon papa est très important, oui.

Le jour où papa a tué sa vieille tante et Papa se met en quatre ont été mis en scène ?
Oui, et ça signifiait le plaisir de n’être plus seule dans mon travail, même si ces mises en scène sont arrivées après les livres. Papa se met en quatre est joué en ce moment à Marseille : Il y a deux acteurs, le papa et la maman, et beaucoup d’interaction avec le public.
On avait promis de parler des moments d’hésitation dans les sept ans qui se sont écoulés entre Le jour où papa a tué sa vieille tante et Papa se met en quatre.
Je travaille toujours un peu, je dessine, je prends des notes, j’écris des chansons, des lettres. J’ai commencé un roman.
Dans votre travail d’artiste, y a t –il une influence de votre grand-mère qui peignait ?
Ma grand-mère était petite, toute ratatinée et on la laissait là au milieu de la nature ; quand on revenait, c’était magique, le paysage était sur la toile, elle avait de grands gestes. Moi aussi, j’ai des grands gestes, je peux passer des heures sur un personnage et faire des grands gestes et prendre le risque de diluer le personnage
La typographie dans vos albums est intéressante, avec cette écriture très petite, qu’on n’arrive pas toujours à lire.
Ce n’est pas grave ! On peut la découvrir à la troisième lecture, peut-être.

Que faites-vous en ce moment ?
J’ai plein d’histoires en germe. En file d’attente. Le choix est inquiétant : est-ce la bonne que j’ai choisi ?
Quel album a été le plus dur à réaliser ?
Papa se met en quatre, l’intérieur était très difficile, je ne savais pas comment dessiner la cuisine. J’ai fait tout un travail de recherche réaliste au départ, mais après on s’en fiche. J’ai vendu tous mes originaux et les recherches à un musée.
et ça ne fait rien de laisser tout ça ?
Non, c’est comme se débarrasser d’un fardeau. Un espace où à chaque lecture, on découvre autre chose.
Comment vous êtes arrivée en littérature jeunesse ?
J’ai fait les Beaux-Arts, au grand désespoir de mes parents. A Strasbourg, j’étais hébergée chez quelqu’un qui faisait de l’illustration. Je me suis inscrite à l’atelier illustration, et j’ai découvert un véritable métier. La peinture, et ses problèmes à part. Pendant trois mois, je me suis interdit d’écrire et d’illustrer en même temps, puis je prends le train et dans ce mouvement, une histoire est née : le dessin et l’écriture dans le même temps. Je travaille en ce moment à un nouvel album. Une maison à quatre moments différents, avec la même famille.
15:14 Publié dans 30 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hélène riff
22.02.2008
L'AbéCéDaire - un alphabet affectif et graphique
L'association des Librairies Spécialisées Jeunesse s'associe à la maison d'édition L'Edune pour L'AbéCéDaire - un alphabet affectif et graphique.
L'AbéCéDaire est une nouvelle collection dirigée par Régis Lejonc. Elle se compose de vingt albums. Chaque titre est une lettre ; chaque lettre est illustrée par un illustrateur différent ; le mot présenté n’est pas écrit sous l’illustration mais repertorié dans un index. En décembre dernier sont parus les cinq premières lettres.





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20.02.2008
Les quatre élements
L'Eau Vive participe pour la deuxième année au prix départemental de lecture à voix haute organisé par le département du Vaucluse. Le thème de cette année est les quatre élements.
La librairie de l'Horloge, à Carpentras, la B.D.P. de Vaucluse et L'Eau Vive ont établi une bibliographie indicative autour de ce thème.
Parmi tous les livres,
Histoire courte d'une goutte, Beatrice Alemagna, Autrement
Aliocha ou le secret du vent, Sylvie Borten, Violetta Wowczack, Sandra Desmazières, Casterman
L'homme qui plantait des arbres, Jean Giono, Willi Glasauer, Folio Cadet, Gallimard

Terre, Feu, Eau, Air, Mary Hoffman, Jane Ray, Gautier-Langereau

Constuire un feu, Jack London, Chabouté, Vents d'Ouest
N'hésitez pas à nous demander cette bibliographie, et bien entendu, à venir consulter les livres.
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18.02.2008
Rencontre avec Beatrice Alemagna
Le 13 octobre dernier, dans le cadre des 30 ans de la librairie, L'Eau Vive accueillait Beatrice Alemagna. Marie-Georges animait la rencontre et... Nadine prenait des notes. Les voici (enfin*).

Rencontre Beatrice Allemagna :
Etre auteur-illustratrice pour la jeunesse
M.G : L’anniversaire de l’Eau Vive continue ; une fête d’anniversaire qui dure un mois, il n’y a que dans les contes que je pensais ça possible. C’est le rêve, non ? On en est au 13ème jour de rêve. Et au milieu de ce rêve, aujourd’hui arrive un moment rare, un bonheur parfait (il faut faire la collection des bonheurs parfaits). Aujourd’hui dans une librairie qui s’appelle l’Eau Vive, il y a une artiste qui a créé un album dont le titre est Histoire courte d’une goutte. Il ne pouvait pas en être autrement, non ?
Le rêve de Beatrice serait qu’il puisse toujours exister un dialogue direct entre les littératures et images enfantines et adultes, dans des livres sans âge, sans différence de qualité et d’importance (Ricochet)Explorer son œuvre (car c’est bien d’une œuvre qu’il s’agit) émeut, questionne, questionne l’enfance en chacun de nous (Citrouille, Madeline)
Je fais de faux livres pour enfants (Le Monde des livres, 2004)
M.G : Ton livre le plus libre ?
Beatrice : Histoire d’une goutte, c’est le livre qui m’a fait beaucoup de bien, m’a rendu sereine, légère.
M.G : Le plus de contraintes ?
Beatrice : Quand je travaille pour d’autres auteurs, ou sur un format carré (la collection de poésie chez Rue du Monde) ou pour les livres écrits par Elisabeth Brami par exemple. Mais j’ai la chance de pouvoir suivre mon chemin.
M.G : Tu es publiée par des éditeurs français.
Beatrice : Mes livres illustrés sont édités tels que je les conçois. La France est un pays qui dénote : le niveau esthétique, graphique est très différent. Je n’ai pas pris de cours d’illustration. Le premier livre édité a été Une maman trop pressée.

Beatrice : C’est grâce à eux si j’ai développé cette passion (traînée de force à Bologne). Le livre le plus personnel, que j’ai eu la chance de faire au Seuil, est Portraits. Dedans, j’y ai peint ma mère : Silvia ; mon père, Pietro, avec son chapeau de Pinocchio ; ma sœur, Véronica. C’est elle qui réalise d’ailleurs tous les personnages en tissu de mes livres. A chaque fois, j’essaie d’adapter les techniques à l’histoire. Mon Amour est un livre touché, caressé par les enfants.

M.G : Influence de Bruno Munari ?
Beatrice : Oui, le papier calque de Gisèle de verre est un hommage à Bruno Munari.

M.G : « Questionne l’enfance en nous » ?
Beatrice : Petite, j’avais très envie d’une tortue, j’avais fait des économies, mais cette tortue géante d’Afrique que je voulais risquait de devenir gigantesque, centenaire, c’était effrayant. Je n’ai pas acheté la tortue.
M.G : De quel livre as-tu envie de parler ?

Beatrice : Un lion à Paris (qui a eu un prix à la foire de Bologne, ce qui signifiait une reconnaissance chez moi, dans mon pays). C’est un livre très autobiographique. L’étranger qui arrive, le regard qu’il pose lors de ses promenades découvertes dans Paris : la baguette sous le bras, les structures métalliques des gares, le métro, la pluie. J’y ai mis aussi des références aux lieux que je fréquente (le centre Pompidou,, pour lequel je fais des affiches), la Seine, le canal Saint Martin, la place Denfert Rochereau. Cette place est symbolique : c’est une place que j’ai cherchée et trouvée : la recherche d’un endroit où se reconnaître.
M.G : Ton second livre c’est Le secret d’Ugolin et ensuite Après Noël ?
Beatrice : Après Noël c’est aussi le décalage entre moi et Paris, les sapins jetés dans la rue après Noël, je n’en parle pas mais c’est implicite.
M.G : Le trésor de Clara ?
Beatrice : C’était un livre difficile à faire publier, puisqu’il parle de la drogue. Et les échappatoires que l’on peut trouver: la lecture, l’imaginaire, le rêve. Ce n’est pas un sujet qui rassure. L’histoire est interprétée selon les âges, les enfants petits ne voient que le rêve.
M.G : Les techniques ?
Beatrice : Elles viennent toutes seules ou s’imposent par l’histoire, je cherche tout le temps cette maladresse, car le trait est trop précis. Ce qui me correspond le plus, ce sont les techniques mixtes, collage et autres….

M.G : As-tu dans tes cartons des histoires refusées ou qui mûrissent ?
Beatrice : J’ai la chance que mes projets soient acceptés, mais mes histoires mûrissent longtemps, oui.
M.G : Tu travailles sur plusieurs albums à la fois ?
Beatrice : Deux, mais pas plus. J’essaie de faire autre chose de créatif, mais pas lié aux albums.

M.G : Et d’être uniquement l’auteure, sans illustrer ?
Beatrice : Non ! Pas encore le courage !
M.G : Tu écris en français ?
Beatrice : Mon premier texte, je l’ai écrit en italien, puis je l’ai traduit moi-même en français, maintenant j’écris toujours en français mais en gardant mon côté étranger, mes maladresses.
10:40 Publié dans 30 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.02.2008
Nouveaux trésors
de St-Paul-Trois-Châteaux,
on a ramené des trésors.
Hydromène, d'abord.
Hydromène, La chambre d’un garçon
Iwan
Traduit du coréen par Mikyung Choi et Jean-Noël Juttet
Corée, Quiquandquoi – 28 €

Depuis quelques mois, les artistes coréens déboulent sur les tables des librairies jeunesses. A la Fête du Livre jeunesse de St-Paul-Trois-Châteaux, sur le stand des éditions Quiquandquoi, on a découvert un vrai chef-d’œuvre. Le mot est pesé. Si le spectre de la surproduction (le vilain mot) hante les librairies jeunesse, restent les chefs-d’œuvre. Hydromène en est un.
« Le livre-delta qui déploie tout le fleuve (…), un livre-monde, un livre-odyssée ». 133 pages d’un voyage inoubliable dans la chambre d’un garçon. La première page, immense, c’est le premier pas du voyage. Hydromène se tient debout face à nous, un enfant dans la main, dans l’autre un arrosoir. Et ces mots : « Complètement desséché, l’enfant s’est évanoui. » L’enfant en question n’a rien d’un enfant, il a des pattes, des oreilles. Hydromène a un corps de poisson. A la place des côtes on lui devine des nageoires.
Impossible de raconter ce livre. Les premières pages suffisent à embarquer. Chacun lit ce qu’il veut – cette phrase a l’air évidente, elle ne l’est pas. Rares sont les livres qui permettent des lectures si distinctes. La chambre d’Hydromène est envahie par les eaux. J’ai vu, dès le début, une chambre d’hôpital, pour le dénuement, l’étouffement aussi. Et puis les visions changent. Les pages se tournent et je vois, clairement, que la chambre d’Hydromène, c’est le ventre de la mère.
J’arrête là ma lecture. Trois pages n’y suffiraient pas. Pour qui veut faire le voyage, ce livre est merveilleux, dans tous les sens. Envoûtant et étrange. Hydromène a été publié par Artbooks en Corée, et découvert par Quiquandquoi aux foires de Francfort et de Bologne. Iwan est une jeune auteure illustratrice née en 1973. Son pseudonyme, imaginé durant ses études à la Korea National University of Arts, vient de "I want". Selon Jean-Marie Antenen, les sujets abordés par l’édition jeunesse coréenne sont universels, mais simplement approchés sous un angle différent, propre aux origines culturelles et historiques de leurs auteurs. « Et c’est souvent cette manière différente de la nôtre d’aborder des thèmes universels qui donne à cette production sa force aux yeux du public européen ». Selon l’éditeur encore, « l’histoire de l’art imprègne cette production: la manière d’aborder l’espace, la "perspective", le traitement du paysage et de la couleur, ainsi que les techniques utilisées sont très différentes chez les illustrateurs coréens et chez leurs collègues européens. Pour les lecteurs français, suisses ou belges, le graphisme des albums coréens est un voyage à lui tout seul, la découverte d’un univers visuel. »
Si on voulait rattacher Hydromène à nos lectures connues, il me semble que c’est un mélange de l’univers pleinement onirique des films de Miyazaki, avec le graphisme parfois diaphane d’Anne Herbauts ou celui de Kitty Crowther. C’est sur les mots d’Iwan que l’album se referme : « J’ai l’impression que le monde où je vis devient de plus en plus compact, sans porosité, sec, un monde où il devient difficile de respirer. Pourtant je n’attends pas qu’Hydromène vienne l’arroser ».
Mais si. Des albums comme celui-ci permettent l’échappée nécessaire, ouvrent une porte pour le rêve. Qu’importe qu’on la referme.
Et puis on a rencontré Manon.
Manon a créé La maison est en carton, une maison d'édition tournée vers l'image. Elle ouvre la porte d'un nouvel espace de création dans l'univers de l'édition jeunesse, différent de celui du livre.

A L'Eau Vive, vous pouvez désormais acheter les images inédites que les illustrateurs ont créé (spécialement, donc) pour La Maison est en carton.
Beatrice Alemagna


Kitty Crowther (et je crois qu'une vitrine se prépare à L'Eau Vive autour de ses livres)

Martin Jarrie

Gianpaolo Pagni (arghhh, mais quand est-ce qu'il publie un nouveau livre ?)

et François Roca.
16:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.02.2008
L'Amour ?
Mercredi, c'est Stéphanie, de Nîmes, qui a gagné Comment maman a changé la vie de papa (et vice versa) de Katharina Grossmann-Hensel, aux éditions NordSud.
Les parents n'ont pas toujours été grands et ne se connaissaient souvent pas quand ils étaient petits. Cet album raconte avec humour comment deux êtres très différents peuvent se rencontrer, s'aimer et... faire des enfants !

A l'occasion de la parution de cet album, un concours de dessins est proposé aux enfants âgés de quatre à huit ans. Il s'agit de dessiner, au dos d'une carte disponible à la librairie L'Eau Vive, comment tes parents se sont rencontrés. Le dessin est à envoyer avant le 22 mars aux éditions NordSud.
A la librairie, autour de cet album, Anaïs, Kera et Sabine ont fait une petite table d'amour. Dessus ?
Difficile d'échapper à L'amoureux, de Rebecca Dautremer
Le sens de l'amour, Michel Boucher, Le Rouergue
La première fois que je suis née, Vincent Cuvellier, Charles Dutertre, Gallimard
12 histoires d'amour célèbres, Michel Laporte, Castor Poche Flammarion
L'apprentissage amoureux, Laëtitia Bourget, Emmanuelle Houdart, Seuil jeunesse
Pomelo est amoureux, Ramona Bàdescu, Benjamin Chaud, Albin Michel jeunesse
Les petits mots d'Alfonso, Chaterine Chardonnay, Renaud Perrin, Albin Michel jeunesse
L'amour ?, Ramona Bàdescu, Benjamin Chaud, Naïve

Il faudra, Thierry Lenain, Olivier Tallec, Sarbacane

Petits mots pour dire je t'aime, Nadia Bouchama, Mila
Un amour de verre, Franck Prévost, Stéphane Girel, Editions du Rouergue
Rendez
L'eau vive fait partie de 

